Ah “Les petits mouchoirs”, c’était le film de vos vacances. Un savant mélange de nostalgie et de tranches de vie que vous avez forcément vécues avec son lot d’amitiés, de vérités, de responsabilités et d’amours. Des situations qui ne laissent personne indifférent, et après tout c’était le but de Guillaume Canet en réalisant un film complètement “made in France”. “Montrer cette nouvelle génération de mecs enfants qui sont le résultat de l’émancipation de la femme qui finalement a pris beaucoup de pouvoir” était le but d’un réalisateur animé par la mise en valeur des faits de société actuels. Sortir son mouchoir au moment où tout le monde s’y attendait était en fait presque…évident. On passe sensiblement du comique au pathétique avec des acteurs tous plus attachants les uns que les autres. Marion Cotillard nous revient dans un rôle bien plus envoutant et nous réconcilie avec sa personnalité ultra mystique d’Inception. Benoît Magimel et François Cluzet se retrouvent cette fois confrontés à une relation impossible et surtout complètement irréaliste. Une relation remplie d’interrogations pour eux et leurs amis qui ont tout compris mais ne disent rien à cet “amour de mains”. Dans un film qui met évidemment la candeur de monsieur Canet, on en oublierait presque un placement de produit qui était probablement trop facile et insistant. Après “Ne le dis à personne” , Les petits mouchoirs c’était le film d’un réalisateur qui vous a inconsciemment rempli la tête de publicités en tout genre.
Le placement de produit est la technique de publicité qui met en avant le produit dans un film, téléfilm ou une émission de télévision. Une technique qui est publique ou dissimulée, qui se rapproche presque de la publicité clandestine supposée attirer l’attention du spectateur pour le forcer, inconsciemment à acheter le produit mis en avant. Cette fois, Les Petits mouchoirs ne lésine pas sur les produits qui marchent et qui veulent marcher plus encore : l’ordinateur Apple de la bande de vacanciers, les Nike et les Ray Ban tendances de Gilles Lellouche, les gentils produis Bio de Valérie Bonneton sans oublier la fière et grosse Audi de François Cluzet. L’alchimie est parfaite et presque trop sournoise pour le spectacteur. Les lunettes Ray Ban de Gilles Lellouche ne sont d’ailleurs que si peu visibles dans cet extrait :
Un oeil publicitaire en oublierait presque le fil de l’histoire tant les scènes insistent sur cette “réclame déguisée” qui n’est bien évidemment pas la seule du film. Apple reste sans doute la marque qui réalise un puissant coup de poker, avec un macbook pro visible pas moins d’une dizaine de fois. Et si vous ne l’avez pas remarqué, on en remet une délicieuse couche avec la pomme du capot parfaitement illuminée dans le noir pour les activités ludiques peu futiles de Pascale Arbillot alias Isabelle. Audi n’en est pas moins timide avec sa grosse bagnole noire qu’on prend plaisir à utiliser en toutes circonstances, et accessoirement exposer pour montrer qu’elle roule bien (ou se gare très bien devant le cimetière lors de la scène d’enterrement). On l’aura compris, les marques sont parfaitement ancrées dans le panorama des petits mouchoirs et s’intègrent tout naturellement aussi bien dans la capitale qu’à la plage. Toutefois, et plus encore dans ce film la sensation de “bourrage de crâne publicitaire” presque gênante se ressent aux détriment d’une histoire au synopsis d’apparent long fleuve tranquille. Faut-il finalement rappeler que le cinéma, plus qu’une réclame est avant tout un art et doit le rester, loin de toute pression commerciale…
A.C.

Tu me fais penser à une de mes profs en Cinéma et Audiovisuel qui voit du placement de produit partout… Mais en même temps, c’est son job (elle est publicitaire). Autant le produit de placement pour les marques automobiles sont courantes au cinéma (déjà la Renault de la Poste complètement défoncée dans Les Visiteurs, jusqu’à — assez incroyable — la Citroën futuriste du film d’animation français Renaissance), autant je ne crois pas qu’Apple fasse du produit de placement, en tout cas pas en France… Ils ont pas besoin de ça et j’ai du mal à croire qu’ils accepteraient de payer pour être dans un film, qui plus est un film français. Donc pour Apple, c’est peut-être pas du produit de placement. Pour les Ray Ban, c’est probable par contre que ça en soit.
Personnellement, le placement de produit au cinéma ne me dérange pas. Rien de malsain là-dedans, c’est même une sacré source de financement pour un film, voire parfois une case obligatoire pour des petits budgets. Après, je n’ai pas vu Les Petits Mouchoirs, c’est sans doute trop prononcé.
Great, j’aimerais pouvoir en discuter avec elle alors… je ne suis pas un expert en placement de produit mais j’ai trouvé les publicités un peu trop abondantes dans ce film. Pour les voitures en effet, c’est le mode de transport le plus utilisé qui peut revenir dans n’importe quel contexte au ciné. A condition qu’elles soient réellement utilisées comme un mode de transport et non comme moyen de mise en valeur du produit. Là cette bagnole on aime la filmer, l’utiliser dans tous contextes.
Blague à part, si tu as l’occasion observe le placement des caméras sur les marques Nike, Ray Ban, Bio!, Audi… et pour le macbook pro d’Apple là qui n’était pas mal du tout.
Pour Apple, si la marque n’a pas fait du placement de produit dans Les petits mouchoirs, alors je suis la reine d’Angleterre
Le placement de produit n’a en effet rien de malsain dans les films, à condition de ne pas encombrer le film, ou que ces derniers ne soient pas trop flagrants comme c’était le cas ici. Surtout pour un film français qui met en valeur Nike/Apple/Ray Ban (US), Audi (DE)… tu me diras ce que tu en penses après l’avoir vu Vivian
Juste pour dire qu’il y a un article de 4 pages sur le placement de produit au cinéma dans le dernier numéro du Studio Ciné Live. Ça devrait t’intéresser
(d’autant que l’article confirme ce que je disais : Apple ne fait pas de placement de produit au cinéma. Et oui^^)